L’Australie redirigera désormais certains demandeurs d’asile vers le Cambodge

actualité, Australie

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L’Australie a signé en septembre 2014 un accord avec le Cambodge visant à rediriger vers ce pays une partie des réfugiés qui cherchent à s’établir sur son sol.

Même s’il reste encore en partie secret, cet accord prévoirait le versement de 30 millions d’euros en échange de l’accueil de 1.000 réfugiés ayant tenté de gagner l’Australie par bateaux.

Ces candidats à l’immigration ont été provisoirement regroupés – avant même d’avoir accosté en Australie – sur des îles voisines : Nauru ou la Papouasie Nouvelle Guinée, dans le cadre de l’opération ” frontières souveraines ” mise en place par le gouvernement de Tony ABOTT depuis septembre 2013.

Le dispositif ” frontière souveraines ” consiste à intercepter les bateaux d’immigrants clandestins et à les forcer à rejoindre des Etats voisins de l’Australie (Nauru ou la Papouasie Nouvelle Guinée) où ils peuvent formuler des demandes d’asile, lesquelles ne peuvent cependant pas aboutir à une régularisation en  Australie. Ce mécanisme destiné à décourager les arrivées de demandeurs d’asile en Australie a rencontré un certain succès puisque les reconduites aux frontières ont dépassé à partir de juin 2014 les arrivées d’immigrés clandestins. Les arrivées illégales de bateaux se sont arrêtées à partir de janvier 2014.

Des critiques ont été émises par des associations de défense des droits de l’homme et des représentants des Nations Unies, reprochant le manque de solidarité de l’Australie.

Il est toutefois loisible d’observer que le gouvernement de gauche (les travaillistes au pouvoir avant l’arrivée en 2013 du 1er ministre T. ABOTT) avait déjà signé un accord avec Nauru et la Papouasie Nouvelle Guinée pour l’éloignement sur leur sol d’une partie des candidats à l’immigration en Australie.

Par ailleurs, l’Australie a accueilli, selon l’ONU près de 2 millions d’immigrés supplémentaires soit 10% de sa population en 13 ans (passant de 4,4 à 6,5 millions d’immigrés entre 2010 et 2013). Les immigrés sont ainsi passé de 21% à 28% de la population sur cette période. Difficile dans ces conditions de parler de manque d’ouverture à l’immigration.

En parallèle les arguments des opposants à l’arrivée des demandeurs d’asile au Cambodge, relatés par Radio France Internationale sont les suivants : “Ils ne voient pas comment assurer correctement l’intégration de nombreux réfugiés. Ils s’inquiètent d’éventuels troubles sociaux. Ils refusent de devenir une “poubelle pour migrants”. Ils ont demandé aux autorités de s’occuper en priorité de la pauvreté et des droits des Cambodgiens.”

Certes, le Cambodge est un pays plus pauvre que l’Australie.

Toutefois, en ce qui le concerne, il accueillait, toujours selon l’ONU, 80.000 immigrés en 2013 : un chiffre presque divisé par deux par rapport à 2000. Les immigrés au Cambodge représentaient ainsi en 2013 moins de 0,01% de la population de 15 millions d’habitants.

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