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C’est ce qu’a annoncé le Foreign Office le 28 octobre 2014, selon la BBC.

“Nous ne soutenons pas les opérations de recherche et de sauvetage prévues en Méditerranée,” a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Joyce Anelay.

“Nous pensons que (ces opérations) créent un effet d’attraction involontaire, encourageant plus de personnes à tenter la dangereuse traversée de la mer pour entrer en Europe et conduisant donc à plus de morts tragiques et inutiles”, a expliqué Mme Anelay, précisant que cette position était partagée par plusieurs ministres en Europe.

Une position qui semble confortée par les chiffres : les arrivées de clandestins ont explosé sur les côtes italiennes : 150.000 entre novembre 2013 et octobre 2014 pendant la durée de l’opération Mare Nostrum. Par ailleurs, un nombre record plus de 3.000 migrants ont péri en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l’année 2014, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un paradoxe alors que l’opération Mare Nostrum avait été lancée après l’émotion suscitée par la mort de plus de 300 migrants dans le naufrage de deux esquifs en octobre 2013.

La position du gouvernement britannique est de se concentrer sur les “pays d’origine et de transit” et de lutter contre les passeurs et autres trafiquants d’être humains qui mettent volontairement des vies en danger en entassant des clandestins dans des bateaux surchargés », a-t-elle ajouté.

Le journaliste Chris Mason pose ainsi la question : « Les vastes opérations de recherche et de sauvetage empirent-elles une situation épouvantable ? Des ministres de toute l’Union Européenne ont répondu oui »

Pour l’anecdote, le daily mail rapporte que les trafiquants d’être humains quittent les côtes nord africaines avec des téléphones par satellite à l’aide desquels ils appellent les garde-côtes italiens pour qu’ils viennent les chercher, lesquels se sentent utilisés comme des « taxis ».

L’opération Mare Nostrum de la marine italienne – qui a permis ainsi à 150.000 clandestins d’arriver à bon port et d’entrer en Europe – s’arrête en principe au 1er novembre 2014, car l’Italie n’a plus les moyens de la financer1, selon la BBC, mais pourrait se poursuivre.

L’Union européenne s’apprête à lancer à partir du 1er novembre 2014 l’opération “Triton” via son agence Frontex. Selon Izabella Cooper, son porte parole, elle n’aura pas de mission de recherche et de sauvetage mais uniquement de contrôle des frontières, et aura un budget du tiers2 de celui de la mission italienne.

19 millions d’euros par mois. Mais le coût d’accueil d’urgence de chaque réfugié étant estimé à 30 euros par jour, le coût total annuel pour 150.000 réfugiés depuis un an serait ainsi en réalité de plus d’1,5 milliard d’euros.

22,9 millions d’euros par mois

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